Recherche

La SANTE, le nouveau LUXE des Français

Les dépenses de santé pèsent de plus en plus sur le budget des Français. Ils doivent se résigner à dépenser plus pour se soigner et même, parfois, renoncer à le faire, faute de moyens. Dans certains secteurs médicaux, la concurrence s'intensifie. Peut-être au bénéfice du consommateur...

Publié par le
Lecture
39 min
  • Imprimer

Santé et prospérité! Ils ont beau le souhaiter, les deux sont aujourd'hui difficilement conciliables pour la majorité des Français. La santé est devenue leur préoccupation majeure, après le chômage. C'est encore plus vrai à l'approche de la retraite. « La motivation pour le bien vieillir a nettement progressé ces dernières années », affirme Sophie Schmitt, de Seniosphère, cabinet de conseil en marketing senior. « Hier, on voulait jouir en paix. On ne s'occupait de sa santé que quand cela allait vraiment mal. Aujourd'hui, on veut prendre soin de son corps à tout prix », avance de son côté Cyril de Charentenay, directeur général de l'agence Nude. Plus qu'un besoin essentiel de rester en bonne santé, toutes les classes sociales aspirent aujourd'hui au bien-être. Mais les arbitrages sont devenus inévitables. « Certaines personnes avec de faibles revenus vont préférer privilégier leur santé, en économisant sur d'autres postes », remarque Cyril de Charentenay.

Indéniablement, les dépenses de santé croissent. Selon l'Insee (chiffres 2010), elles représentent 3,9 % de la consommation des ménages français, soit une augmentation de plus de 3 % par rapport à 2009. On est certes loin d'autres postes budgétaires, comme le logement (25,6 %), les transports (14 %) ou l'alimentation (13,4 %) . Mais les Français ont l'impression de payer de plus en plus pour leur santé. D'après le baromètre Sofinscope, réalisé par OpinionWay (janvier 2012), deux tiers d'entre eux déclarent que les dépenses médicales pèsent de plus en plus sur leur budget, estimant à 570 euros le budget santé annuel moyen restant à leur charge. Cette moyenne cache certes des écarts importants, car, comme le confirme l'Insee, les dépenses de santé sont les plus inégalement réparties: les ménages les plus riches dépensent pratiquement six fois plus pour leur santé que les ménages les plus pauvres. Plus de la moitié de l'écart, indique l'Insee, est dû à l'achat de lunettes et de prothèses, ces biens «durables», non vitaux mais visibles, pour lesquels les ménages les plus aisés peuvent davantage tenir compte de l'esthétique.

Une tentation croissante: économiser sur les soins

Selon une étude menée par le cabinet Deloitte (janvier 2012) sur «Les Français et la santé», un foyer sur quatre seulement se dit prêt à assumer les frais de santé à venir. Et les individus sont de plus en plus nombreux à renoncer à certains soins. Près de 15 % s'en seraient privés au cours des 12 derniers mois, d'après une enquête de l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), publiée en novembre 2011. Un sondage, réalisé en septembre de la même année par CSA pour Europ Assistance, avance le chiffre de 29 %. Il y a deux ans, les Français n'étaient que 11 % à faire ce choix. A quoi renoncent-ils? Aux soins dentaires et aux lunettes en premier (pour 22 % des interviewés). Toujours selon l'enquête CSA, 12 % font également des économies sur les soins plus courants, 6 % se privent de médicaments. Enfin, 5 % reportent des soins lourds tels qu'une opération.

Outre l'instauration de franchises médicales et les déremboursements, la généralisation des dépassements d'honoraires contribue largement à ces arbitrages. Selon un rapport de la Caisse nationale d'assurance maladie, le taux de dépassement a été multiplié par deux entre 1990 et 2010 pour les médecins spécialistes (de 25 à 54 %).

Le manque de praticiens dans certaines régions complique aussi l'accès aux soins. Encore embryonnaire en France, la consultation médicale en ligne pourrait en profiter pour se développer. Certains sites internet comme Docteurclic, France Médecin ou L'avis Médical proposent de délivrer des conseils de santé payants via Internet ou par téléphone.

Autre problème: le coût des complémentaires santé. D'après l'Ipap (Indice des prix de l'assurance des particuliers), publié par Mutuelle-land.com et Assurland.com, il a progressé, en moyenne, de 4,8 % par an ces quatre dernières années. Résultat: selon l'étude du cabinet Deloitte déjà citée, 57 % des Français disent avoir atteint ou dépassé leur limite budgétaire concernant le montant de leur prime d'assurance santé. En 2012, plus de 4 millions de personnes n'ont plus accès à une complémentaire. Pour financer leurs soins, certains n'ont alors d'autre choix que de contracter un nouveau type de crédit à la consommation apparu il y a cinq ans, le prêt


Article réservé aux abonnés
Pour lire la suite de cet article et accéder à l'intégralité de nos contenus
Formule numérique dès 3,80€
Déjà abonné(e)  ? Identifiez-vous

HA Propos
sponsorisé
HA Propos : Covéa, ses priorités, sa vision du métier…

SOLENNE DUROX

S'abonner
au magazine
Retour haut de page